Les Panama Papers et le gouvernement maltais

En avril 2016, Joseph Muscat et son gouvernement de gauche passe au travers d’une motion de censure déposée par l’opposition au Parlement. En cause, deux proches du premier ministre cités dans des pratiques douteuses au sein du cabinet panaméen Mossack Fonseca. A l’issue de 13 heures de chaud débat, suivi d’un vote organisé en soirée, 38 des 69 élus ont confirmé leur confiance à l’intention de Joseph Muscat, ce qui n’aurait jamais eu lieu dans d’autres pays européens, et ne devrait pas avoir lieu…

Les faits

Depuis les révélations officielles des « Panama Papers » concernant les clients du cabinet fiscal Mossack Fonseca, l’opposition de droite invite Joseph Muscat à démissionner de son poste. Si ce dernier n’est pas directement cité dans les documents publiés par le Süddeutsche Zeitung, deux de ses ministres y apparaissent. A savoir Keith Schembri, son chef de cabinet et Konrad Mizzi, ministre de la santé et de l’énergie. Selon les médias, ces deux hommes ont créé en juin 2015, des sociétés panaméennes qu’ils prévoyaient d’enregistrer sur des comptes bancaires fantômes à Dubaï. Les entreprises officielles basées en Nouvelle-Zélande ont été créées via Mossack Fonseca. Elles ne sont soumises à aucune taxe et les propriétaires peuvent garder leur identité secret. Certaines banques demandent alors un dépôt initial de 1 million de dollars et d’autres refusent de le faire. Pour leur défense, Mr. Mizzi et Schembri ont nié les faits prétextant une gestion d’héritage et d’actifs familiaux. De son côté, le premier ministre Joseph Muscat part en quête de preuve auprès d’éléments judiciaires.

La révolte de Malte

Non convaincu par les explications apportées par les deux ministres, l’opposition de droite pointe du doigt le premier ministre qu’ils accusent tout simplement de complicité. Plusieurs milliers de personnes ont d’ailleurs manifesté leur mécontentement devant les bureaux de Joseph Muscat à La Valette, sous l’invitation du parti nationaliste de droite. A la tête des manifestants brandissant des banderoles marquées « Dehors ! », Simon Busuttil, le leader de l’opposition de crier sa colère en affirmant : « Vous humiliez Malte, vous avez perdu l’autorité morale pour gouverner. » S’en suit ensuite une motion de censure déposée au Parlement.

Les réponses de Joseph Muscat

panama-papers-malte-mizzi-konrad-ruppert-lesite.comAccusé de protéger ses deux ministres, Joseph Muscat décide de réaliser un audit sur les société de M. Mizzi et Schembri. Il affirme que la décision qu’il va prendre par la suite dépendra uniquement des résultats obtenus par cette analyse. Quelques hauts responsables du parti travailliste dont le ministre de l’éducation et un ancien premier ministre, appellent en outre à la démission de M. Mizzi pour son propre intérêt mais également celui du gouvernement voire de tout le pays. Sur sa page Facebook, Alfred Sant – à la tête du pays entre 1996 et 1998, d’affirmer :

« Dans son propre intérêt, personnel et politique, dans celui de sa famille, du parti travailliste, du gouvernement et de la nation, il serait honorable que Konrad Mizzi démissionne aussi vite que possible. »

Une enquête est aussi menée sur plusieurs autres dirigeants européens à la suite des révélation d’évasion fiscale de grande envergure dans le cadre des « Panama papers ».

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